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Résumé :
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Nous poserons ici l’hypothèse que (...)la fatigue n’est plus une faiblesse, mais une blessure ; qu’elle n’est plus une fatalité, mais une injustice (Zawieja, 2025 : 110-115). Pour le dire autrement, la fatigue ne relève plus de la faille personnelle, qui disqualifie le sujet, l’invalide socialement, le rend inutile dans l’accomplissement de ses rôles sociaux, et qu’il convient de masquer, mais de la blessure de guerre qu’il est possible d’arborer. Quant à la cause de la fatigue, elle ne relève plus d’un ordre supérieur immanent (Dieu, les éléments naturels, etc.) contre lequel la résignation est la seule attitude possible, mais d’un autrui individuel ou collectif hostile (la société, le capitalisme, le travail, l’entreprise, l’institution…), contre lequel il devient loisible de s’indigner et de se révolter. Ce faisant, nous recourrons ici aux notions de victime ou de position victimaire, au sujet de laquelle une ambiguïté doit être levée : elle ne présuppose dans notre esprit aucun jugement moral, et décrit plutôt une configuration de la relation à autrui et au groupe, dans laquelle l’intentionnalité immédiate du sujet n’est pas nécessairement engagée mais qui est susceptible de le placer, de gré ou de force, dans un rôle social spécifique, avec ses bénéfices, ses risques et les attentes qu’il suscite.
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